Job personal shoppers

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Job personal shoppers

Personal shopper, 50.000 euros par mois, à condition de parler chinois et d'avoir du gout

Ils sont un millier à écumer ainsi les temples de la mode parisiens, occasionnellement ou quotidiennement. 90 % sont chinois, les autres coréens ou japonais. Neuf sur dix sont des jeunes femmes de moins 30 ans, souvent des étudiantes. Depuis trois ans, leur activité augmente. Avec la baisse de l’euro, elle explose.

 

Originaire de Pékin, Liang a débarqué à la Sorbonne pour suivre un master en économie. Il a toujours aimé la mode et connaît ses couturiers sur le bout des doigts. Fervent lecteur de Vogue, dès l’adolescence, il harcèle son père expert-comptable et sa mère médecin pour leur soutirer de quoi satisfaire ses envies vestimentaires. Si à 14 ans comme tout adolescent il est fan de Nike, Levi’s ou Adidas, à 17 ans ses goûts le portent vers Prada, Lanvin, Yamamoto. À Paris, une amie lui montre comment elle arrondit ses fins de mois en revendant des sacs Hermès et Chanel sur Weibo, un croisement de Facebook et Twitter. Il se lance en postant la photo d’un classique de chez Dior, la chemise homme à motif abeille. Six ans plus tard, il appartient à la poignée de personal shoppers les plus courtisés de la capitale.

Combien ca rapporte ?

Quand les personal shoppers à la petite semaine gagneraient entre 4 000 et 5 000 euros par mois, Liang, lui, émarge à 50 000 euros, parfois 150 000 au moment des défilés. Il travaille plus de 14 heures par jour, beaucoup la nuit, décalage horaire oblige. Il communique avec ses clients sur WeChat, le Skype chinois, a les cervicales fatiguées à force de rester penché sur son écran. Six personnes travaillent pour lui, dont trois – « des sans-papiers, ça coûte moins cher » – passent leurs journées à faire des paquets, car la marchandise est acheminée, tout simplement, par La Poste ou des services équivalents. Les clients virent l’argent sur l’un de ses cinq comptes en banque ouverts en Chine.

Quand les personal shoppers se font aider

Souvent asiatiques les personal shoppers sollicitent l’aide des francais, qui ne savent pas chatter sur les sites chinois, mais qui passent plus inaperçus dans les magasins de luxe : « Chez Hermès, comme Française, vous pouvez facilement avoir un sac Birkin. Si vous en obtenez un, je vous le rachète 3 000 euros de plus. »

Personal shopper et vendeurs main dans la main

Aux Galeries Lafayette, on ne fait pas tant de manières. S’il est impossible d’approcher les personal shoppers, qui veulent se tenir le plus éloignés possible du fisc et qui jamais ne montrent leurs visages quand ils se prennent en photo avec un vêtement, il est difficile de les ignorer : les responsables des espaces de marques de luxe les aident à photographier les articles. « Les personal shoppers représentent 60 % de ma clientèle », explique la délicieuse Marguerite, qui s’exprime dans un français parfait mâtiné d’un fort accent chinois. Le grand magasin est un terrain idéal pour ces acheteurs d’un nouveau genre, ils ont toutes les marques sous la main.

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